La succession apostolique depuis 1955



L’Eglise catholique est fondée au Cameroun en 1890, par l’érection de la Préfecture Apostolique du Cameroun, qui deviendra quinze ans après le Vicariat Apostolique du Cameroun. Jusqu’ici la présence catholique n’était effective que dans le grand sud du pays. Il nous faudra attendre vers la fin de la première moitié du 20 siècle pour voir être foulé pour la prière fois les terres du Nord Cameroun par les missionnaires pour l’annonce de la Bonne Nouvelle. Cette présence des missionnaires dans le Nord Cameroun a été motivé en 1945 par la Congrégation de la Propagande (ministère chargé de l’évangélisation des peuples) qui va envoyer le père PROUVOST parcourir le Nord Cameroun, le Tchad, l’Oubangui-Chari (actuelle RCA). A l’issu de cette inspection, son rapport sera positif pour la création de nouvelle mission dans cette autre région de l’Afrique centrale.
C’est en mars 1946, que les missionnaires choisi pour cette lourde tâche reçoivent leur ordre de Mission. Les Oblats de Marie-Immaculée puisqu’il s’agit d’eux vont se lancer dans cette nouvelle aventure le 15 Août 1946 jour de la célébration de l’Assomption de la très sainte Vierge Marie pour se rendre dans ces terres de missions ayant à leur tête le père Yves PLUMEY.
Moins d’un an plus tard à savoir le 9 janvier 1947 le saint siège érige cette nouvelle mission du nord Cameroun en préfecture Apostolique. Le père Yves PLUMEY est donc nommé le 25 avril de la même année Préfet Apostolique de Garoua. Après avoir fait le tour de la préfecture dont il a la charge, il va encourager ses confrères missionnaires en leur disant : « je vous félicite de tenir avant tout à la qualité ; le nombre viendra à l’heure de Dieu ». Tout en les félicitant, il va leur donner quelques recommandations pour la bonne marche de l’œuvre évangélisatrice. Ces missionnaires seront invités par Mgr Yves PLUMEY à entrer en contact avec le pays et la population, à former les chrétiens, à fonder des écoles ainsi que des œuvres sociaux, enfin d’avoir une bonne relation entre les missionnaires. Ces recommandations seront la ligne pastorale sur laquelle va s’appuyer Mgr Yves PLUMEY pour mener à bien l’annonce de Jésus Christ.
L’instauration de la hiérarchie ecclésiastique le 14 septembre 1955 fera de la préfecture Apostolique de Garoua, le diocèse de Garoua ayant pour premier évêque Mgr Yves PLUMEY. Le 18 mars 1982 le pape Jean Paul II crée trois autres provinces ecclésiastiques avec pour métropole : Bamenda, Douala et Garoua. Le diocèse de Garoua devient Archidiocèse et ayant à cette période pour diocèses suffragants Maroua-Mokolo et Yagoua (Ngaoundéré sera érigé en diocèse quelques mois plus tard le 19 novembre 1982).
Le 19 novembre 1982 Mgr Christian WIYGHAN TUMI alors évêque du diocèse de Yagoua est nommé archevêque coadjuteur cum iure successionnis (avec droit de succession). Suite à la démission de son excellence Mgr Yves PLUMEY à sa charge d’archevêque de Garoua, il devient le 17 mars 1984 archevêque de Garoua. Le 11 août 1985 à Garoua il va accueillir le Pape Jean Paul II (saint Jean Paul II). Son soucis pastorale était tout d’abord d’approfondir l’évangélisation que les chrétiens avaient déjà reçus, de former des prêtres autochtones et surtout loin de vouloir minimiser l’œuvre des missionnaires, mais de faire voir dans les cultures de ces peuples évangélisés des valeurs en accord avec l’évangile et qu’on se doit de respecter (Cf. Célestin LINGO, Christian CARDINAL WIYGHAN TUMI, s. ed, 1988, p. 46). Le 20 mai 1988 Mgr Christian TUMI alors archevêque de Garoua est créé Cardinal par le Pape Jean Paul II. Le 31 août 1991 il sera transféré dans l’archidiocèse de Douala. Le 22 janvier 1992 Mgr Antoine NTALOU alors évêque du diocèse de Yagoua sera transféré dans le diocèse de Garoua en qualité d’archevêque métropolitain.
Du 22 janvier 1992 au 22 octobre 2016, Mgr Antoine NTALOU s’est donné avec beaucoup de dévouement et de charité à sa charge pastorale voulant ainsi marquer une continuité croissante dans l’annonce de l’Evangile et l’épanouissement du chrétien vivant dans cette Eglise locale qui se trouve à Garoua. A la suite de son prédécesseur, Mgr Antoine NTALOU va beaucoup œuvré pour le développement des vocations locales. Pour cela il a eu à mettre un accent particulier sur la formation des jeunes au petit séminaire saint Paul de Guider qui pour lui, est l’une des pépinières sûres pour les vocations sacerdotales. Sur les 71 prêtres que compte actuellement le diocèse, 33 sont des fruits de cette auguste institution. Il est bien de mentionner que de ces 71 prêtres, Mgr Antoine a appelé à l’Ordre 68. Durant son ministère pastoral il a toujours voulu que ses prêtres dans les paroisses mènent une vie communautaire en étant au moins deux par paroisse ; ce fut un pari réussit. Son amour poussé pour les brebis de son diocèse a fait naître en lui un souhait : « J’aimerais que les fidèles de ce diocèse fassent le point sur leur accueil de l’Evangile, leur appartenance à Jésus Christ, et prennent des résolutions pour vivre leur loi, l’annoncer, la célébrer, et vivre aussi la réalité de la foi chrétienne dans les communautés géographiques auxquelles ils appartiennent en tant que fils et fille de l’Eglise » (Mgr Antoine NTALOU, Journal Message, n LXIII, décembre 2005. Pour que ce souhait se réalise, Mgr Antoine NTALOU a mis un accent particulier sur la mise en place et le suivit des CEV. La prise en charge de l’église par les communautés fut également l’une de ses batailles ; car pour lui les communautés chrétiennes sont propriétaires et gérantes des bien de la paroisse d’où la forte nécessité de l’existence d’un conseil économique paroissial. Mgr Antoine NTALOU durant sa mission pastorale dans l’archidiocèse de Garoua il faut le noter a mis un accent particulier sur la pastorale des jeunes à travers la création des Journées diocésaines des Jeune et une présence toujours renouvelé chaque année avec les jeunes lors du dimanche des rameaux pour la célébration eucharistique. L’implantation et le suivit de la Caritas diocésaine était aussi l’un de ses soucis.
En 24 ans d’épiscopat dans l’archidiocèse, Mgr Antoine a su présenter au peuple de Dieu vivant dans ce diocèse l’essentiel à savoir l’image de Dieu. L’image d’un Dieu patient et compatissant, l’image d’un Dieu lent à la colère et plein de tendresse, enfin l’image d’un Dieu miséricordieux donc la seule « faiblesse » est son amour inépuisable pour les hommes. Dans son attitude d’homme prudent il a su gérer avec beaucoup de tact et de dextérité des problèmes qui voulait mettre en mal la vie des croyants dans le diocèse.
En ce jour où il a renoncé à sa charge d’évêque diocésain, tous fidèles catholiques du diocèse et même d’autres confessions sont fier de l’avoir eu pour pasteur et collaborateur ; car comme un bon berger il a su mener le peuple dont il avait la charge à des verts pâturages leur prêchant par l’exemple. Il n’a pas seulement été un pasteur, il fut surtout un père.
Une ère nouvelle s’ouvre avec Mgr Faustin Ambassa Ndjodo, nommé Archevêque de Garoua le 22 octobre 2016. Elle s’inscrit dans la continuité de l’oeuvre des pionniers. Des choses restent encore à faire. Que le Seigneur n’arrête pas l’oeuvre de ses mains. Qu’à travers
Mgr Faustin, il continue ce qu’il a lui-même commencé (cf. Ps 137,8).■

Abbé Eric MBOCK ABOUBAKAR

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